Présentation

 

  • La non-violence
  • La paix
  • Culture de paix et de non-violence

 

 

La non-violence

 


Mais je vous en prie, refusez la violence
L’oeuvre la plus honorable,
la plus digne d’admiration qu’un peuple
ou une nation puisse accomplir,
c’est de réaliser ses aspirations
en agissant dans la discipline
et la non-violence.Aung San Suu Kyi

En 1919, Gandhi a traduit le terme sanskrit ahimsa en anglais comme « non-violence ». Ahimsa est la maîtrise et le renoncement au désir de violence qui est dans l’être humain.

Elle commence donc par le refus de la violence. C’est d’abord et avant tout un choix personnel. Ce choix est souvent guidé par le sentiment profond de l’absurdité de la violence, le danger de l’escalade que tout acte de violence déchaîne, l’inutilité de retourner des coups pour des coups mécaniquement. La non-violence, en ce sens, peut être considérée comme un mode de vie sage, une philosophie qui donne un sens à une existence. Mais la non-violence n’est pas seulement le déni de la violence. Comme l’a souligné Jean-Marie Muller, « elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence et sa visée est d’en détruire les causes et les conséquences. Le non que la oppose à la violence est un on de résistance. La nonviolence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence ».

Pour résoudre les conflits d’une manière non violente, il faut imaginer les moyens concrets d’une confrontation active avec l’autre pour faire évoluer la situation jusqu’à ce que les parties concernées soient satisfaites. Cela s’apprend.

Pour résoudre les conflits interpersonnels de façon non violente, on peut utiliser le dialogue et la négociation avec gains mutuels, à l’aide de la médiation ou bien le recours à la loi, avec l’intervention d’un arbitre ou d’un juge.

Dans le cadre d’un conflit social ou politique, lorsque les négociations sont bloquées, ceux qui s’estiment victimes d’une injustice peuvent organiser une campagne d’actions directes non violentes : il s’agit à la fois de refuser de collaborer avec l’injustice et de refuser de recourir à la violence contre les personnes. Prendre à témoin l’opinion publique, proposer des solutions concrètes et commencer à les mettre en pratique sont autant de pistes pour l’action non violente. Contrairement à ce que l’on peut croire, les méthodes de résistance non violentes sont nombreuses, organisées et aboutissent souvent à de réelles réussites. Gene Sharpe, grand théoricien de la pensée non violente a repertorié 198 méthodes de résistance non violente.

Lorsque tous les moyens juridiques ont été essayés en vain, certains groupes considèrent qu’il est légitime d’utiliser des modes d’action non violents et illégaux: ils entrent ainsi en « désobéissance civile ».

Explication tirée de 100 questions-réponses pour éduquer à la non-violence, « Question 9 : Qu’est ce que la non-violence ? », page 30, Sous la direction de Vincent Roussel, Coordination pour l’éducation à la non-violence et à la paix, Lyon, Chronique sociale, 2011, p, ? .

 

La paix

La paix n’est pas seulement la simple absence de violence ou de troubles. C’est quand il y a une possibilité de conflit mais que vous décidez délibérément d’éviter la violence, d’adopter et d’utiliser des méthodes et des moyens pacifiques pour résoudre le problème. Cela est la véritable paix.Dalaï Lama

La paix a longtemps été conçue de façon négative comme étant l’absence de guerre ou de violence sociale. Pour construire la paix, il s’agissait avant tout de mettre définitivement fin à la guerre. Les poilus de 14-18 ont entrepris la « grande guerre » en affirmant très fort qu’elle serait la « der des der ». En 1939-1945, les alliés, coalisés contre le fascisme et le nazisme, proclamaient qu’après la destruction de ces fléaux il n’y aurait plus la guerre.

Avec le développement terrifiant des armes nucléaires de destruction massives, justifié par la théorie de l’équilibre de la terreur, des voix, nombreuses, se sont élevées pour alerter l’opinion mondiale. John Kennedy au début des années soixante proclamait : « L’humanité devra mettre fin à la guerre ou c’est la guerre qui mettra fin à l’humanité » et le pape Paul VI, à la tribune de l’Organisation des Nations Unies le 4 octobre 1965, s’écriait : « Jamais plus les uns contre les autres ! […] jamais plus la guerre! C’est la paix qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité ! ». Albert Einstein disait : « Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais ce dont je suis sûr, c’est que la quatrième guerre mondiale se résoudra à coups de bâtons et de silex.» et Martin Luther King : « Dans une époque révolue, la guerre a peut-être servi de mal nécessaire pour empêcher la diffusion et la croissance d’une force maléfique, mais aujourd’hui le pouvoir destructeur lui-même des armes modernes élimine jusqu’à la possibilité, pour une guerre, d’être un mal nécessaire. Et c’est pourquoi, si nous sommes d’accord pour dire que la vie vaut la peine d’être vécue, si nous sommes d’accord pour affirmer que l’humanité a le droit de survivre, alors il nous faut trouver une alternative à la guerre. »

Depuis la création de l’UNESCO en novembre 1945, le concept de paix a beaucoup évolué, notamment grâce à l’engagement déterminé de Federico Mayor qui en fut le Directeur Général de 1987 à 1999. Construire la paix, c’est bâtir des sociétés intégrées où règnent la justice sociale, le respect des Droits de l’Homme, la démocratie, la tolérance pour les personnes, la solidarité internationale. Le bien-être social est un rempart contre la guerre plus fiable que toutes les lignes Maginot. Dans son discours, à l’occasion de la remise du prix Nobel de la paix attribué en 2001 aux Nations Unies (ONU) et à son Secrétaire général, Kofi Annan affirme que : « Éliminer la pauvreté, prévenir les conflits et promouvoir la démocratie sont les trois priorités des Nations Unies au XXIe siècle ».

Explication tirée de 100 questions-réponses pour éduquer à la non-violence, « Question 6 : Qu’est ce que la paix ? », page 27, Sous la direction de Vincent Roussel, Coordination française pour l’éducation à la non-violence et à la paix.

 

Culture de paix et de non-violence

 

Chacun a la responsabilité de faire croître la paix en lui afin que la paix devienne générale.Dalaï Lama

Le concept de culture de la paix est formulé pour la première fois par le Congrès International sur la paix organisé par l’UNESCO en 1989 à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Ainsi le terme de culture de paix prend naissance au sortir de la guerre froide avec la fin de cette période marquée par ce qu’on a appelé « l’équilibre de la terreur » qui a vu deux blocs mener une course aux armements dangereuse et ruineuse. On se prend alors à croire que la paix entre les nations est possible et qu’il faut pour cela promouvoir une « culture de la paix ».

Dix ans après, en 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies a défini la culture de paix comme étant « l’ensemble des valeurs, des attitudes, des traditions, des comportements et des modes de vie fondés sur :

  • le respect de la vie, le rejet de la violence et la promotion et la pratique de la non-violence par l’éducation, le dialogue et la coopération ;
  • le respect des principes de souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États et de la non-intervention dans les questions qui relèvent essentiellement de la juridiction nationale de tout État quel qu’il soit, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international ;
  • le respect de tous les Droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales et leur promotion ;
  • l’engagement de régler pacifiquement les conflits ;
  • les efforts déployés pour répondre aux besoins des générations actuelles et futures en matière de développement et d’environnement ;
  • le respect et la promotion du droit au développement ;
  • le respect et la promotion de l’égalité des droits et des chances pour les femmes et les hommes ;
  • le respect et la promotion du droit de chacun à la liberté d’expression, d’opinion et d’information ;
  • l’adhésion aux principes de liberté, de justice, de démocratie, de tolérance, de solidarité, de coopération, du pluralisme, de la diversité culturelle, du dialogue et de la compréhension à tous les niveaux de la société et entre les nations »[1].

[1] « Déclaration et Programme d’action sur une culture de la paix », adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 13 septembre 1999 (Résolution A/53/243).

À l’appel de tous les Prix Nobel de la paix, le 10 novembre 1998, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, à l’unanimité, une résolution qui « Proclame la période 2001-2010 Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde »

Pour la première fois, nous voyons associés les mots non-violence et paix dans un texte reconnu par toutes les nations. Ce faisant, une synthèse est réalisée entre la demande des prix Nobel de la paix pour « la promotion d’une culture de la non-violence » et la demande de l’UNESCO pour « la promotion d’une culture de la paix. »

Le lien entre la paix et la non-violence est celui qui existe entre la fin et les moyens. C’est l’affirmation que la paix ne peut être établie durablement que par les moyens de la non-violence. La paix, c’est la fin, le but qu’on veut atteindre, ce vers quoi on veut aller, ce qui sera peut-être demain. La paix, c’est la fin pour laquelle nous sommes invités à travailler dès aujourd’hui, ce qui donne sens à notre engagement de maintenant. La non-violence, c’est l’aujourd’hui des moyens. On peut évoquer la réflexion que faisait Gandhi sur les liens étroits qu’entretiennent dans l’action, la fin et les moyens : « Les moyens, écrit-il, sont comme la graine et la fin comme l’arbre. Le rapport est aussi inéluctable entre la fin et les moyens qu’entre l’arbre et la semence. […] On récolte exactement ce que l’on sème. » Pour la première fois, nous avons une résolution de l’ONU qui suggère que, pour espérer voir s’épanouir des fruits de paix, il nous faut inviter tous les hommes et toutes les femmes à mettre en terre les semences de la non-violence. Les mots paix et non-violence sont des réalités aussi indissociables que les côtés pile et face d’une même pièce de monnaie.

Explication tirée de 100 questions-réponses pour éduquer à la non-violence, « Question 7 : Qu’est ce qu’une culture de paix ? » et « Question 8 : Quels liens entre les notions de paix et de non-violence ? », pages 28-29, Sous la direction de Vincent Roussel, Coordination française pour l’éducation à la non-violence et à la paix.


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