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La nouvelle constitution chilienne en marche

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Après des années de mobilisation, des activistes chiliens qui luttent pour le respect de la démocratie voient avancer leur demandes avec la publication d’un document qui déclenche un processus législatif pour réécrire la constitution. À ce jour le pays est en effet encore assujetti à la Constitution de 1980 du régime dictatorial de Pinochet arrivé au pouvoir en 1973 connu pour ses violations systématiques des droits de l’homme. Le mouvement Marca AC est l’un des porte paroles majeurs du mouvement qui cherche à souligner l’importance d’une démocratie participative à travers l’inclusion de citoyens dans le processus de la nouvelle constitution.

Même si la constitution a été réformée de nombreuses fois (elle comporte plus de 100 amendements), Marca AC estime qu’ayant été promulguée sous une dictature militaire elle ne pourra jamais être légitime. Aussi cette constitution fut rédigée et promulguée sans l’avis de voix dissidentes ou de citoyens, en décalage avec le modèle de pluralisme politique que suit le Chili aujourd’hui. Certains estiment qu’elle décourage aussi l’activisme et la dissidence. De nombreux opposants au projet considèrent que le temps passé et les amendements rajoutés valident le contenu de la Constitution. Pour que son mouvement gagne de la ferveur, Marca MC a proposé que soit créée une Assemblée Constituante.

Un sondage publié en 2013 révélait que 74% de la population était en faveur d’une nouvelle constitution. Le processus de validation durera jusqu’en 2018. Pendant ce temps le Congrès devra analyser le brouillon de la nouvelle constitution présenté par la Présidente, se mettre d’accord sur le mécanisme pour la modifier et se terminer sur un référendum pour la ratifier. Le processus est complexe d’un point de vue institutionnel et promet d’être encore difficile à atteindre d’ici là mais le combat met en lumière l’une des forces du pays : la société civile sait que le pouvoir ne concèdera rien sans la lutte. Les activistes se battent depuis des décennies et continueront à le faire jusqu’à ce qu’elles atteignent le nécessaire : une nouvelle Constitution pour le Chili.

Informations résumées et traduites d’un article de Waging Non Violence


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Les Gambiens contre la dictature

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Cela faisait 22 ans que le dictateur Yahya Jammeh était au pouvoir en Gambie. La victoire de Adama Barrow validée par les Nations Unies en a choqué et réjoui plus d’un lorsqu’il a remporté les élections présidentielles de décembre 2016. Après avoir félicité son successeur, une semaine plus tard Jammeh prétendait que les élections avaient été falsifiées, dénonçant des « anomalies » du processus électoral et réclamant des élections « neuves et transparentes ». Son annonce a survenu après qu’un responsable de la nouvelle coalition au pouvoir a déclaré que Jammeh serait jugé pour ses crimes moins d’un an après avoir fait passé les rênes du pouvoir en janvier 2017. Le président Jammeh est accusé d’avoir commis de nombreuses représailles le long de son mandat, notamment d’avoir emprisonné, torturé et tué des opposants au régime.  Suite à la déclaration de l’ex-président sortant, le porte parole de l’opposition Isatou Touray a dénoncé sur les médias sociaux une violation de la démocratie et en a appelé au peuple de « demeurer calme, lucide, vigilant ».

La résistance au régime a été plutôt disparate le long des 22 ans de règne de l’autoritaire Jammeh, avec des épisodes sporadiques de résistance comme une période de révolte étudiante en 2000 au cours de laquelle 14 personnes avaient été tuées par la police. Quelques mois avant les élections certains manifestants se rendaient à la Cour avec des balais en guise de protestation pour « balayer la corruption », se débarrasser de la souillure du régime. La non-reconnaissance du résultat par Jammeh a été vécue par de nombreux gambiens comme la goutte d’eau de trop qui mettait en péril le sursaut démocratique tant attendu d’une population qui avait réussi à briser le cercle de la peur en votant pour Barrow. Ainsi l’opération Diya Kuya (que vous le vouliez ou pas) a été lancée sur les réseaux sociaux pour mobiliser la population et proposer une source alternative d’information lors de la période transitionnelle incertaine. Le hashtag #GambiaHasDecided a fait son apparition, des t-shirts portant cette mention ont été utilisés. « Nous devons continuer à organiser et à faire des actions », a déclaré Muhammed, l’un des organisateurs du mouvement. « Les pétitions, les actions de photos des médias sociaux, les protestations, les dialogues – nous ne devons pas ralentir nos efforts. » De nombreuses initiatives ont parcouru le pays, notamment des professeurs des Universités qui ont boycotté les cours suite aux allégations de Jammeh sur les élections supposément frauduleuses. Aussi certains ministres ont soumis des lettres de démission au gouvernement de Jammeh.

De nombreux observateurs craignaient un débordement de violences, près de 45 000 personnes se sont alors rendues au Sénégal depuis décembre selon l’ONU. L’ECOWAS (la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) avait promis une aide militaire dans l’éventualité où Jammeh souhaiterait troubler l’inauguration de son successeur. Des troupes furent déployées dans le petit pays pour l’inauguration afin d’assurer un bon déroulement de la succession. Après un départ du pays pour assurer sa protection le président entrant est retourné en Gambie sous les applaudissements de la foule pour débuter son mandat en janvier 2017. Le président évincé se trouve en Guinée Equatoriale selon les dernières nouvelles à ce sujet. La transition politique risque d’être difficile dans un pays où les institutions sont fragiles et peu fonctionnelles. Les porte paroles des droits de l’homme se félicitent de la transition et proclament l’avènement d’une démocratie tant espérée.

Informations reprises et traduites d’un article de Waging Non Violence et d’un article sur le Guardian.

Twitter/@antoniolarotta


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