Tag Archives: mobilisation citoyenne

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Les Gambiens contre la dictature

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Cela faisait 22 ans que le dictateur Yahya Jammeh était au pouvoir en Gambie. La victoire de Adama Barrow validée par les Nations Unies en a choqué et réjoui plus d’un lorsqu’il a remporté les élections présidentielles de décembre 2016. Après avoir félicité son successeur, une semaine plus tard Jammeh prétendait que les élections avaient été falsifiées, dénonçant des « anomalies » du processus électoral et réclamant des élections « neuves et transparentes ». Son annonce a survenu après qu’un responsable de la nouvelle coalition au pouvoir a déclaré que Jammeh serait jugé pour ses crimes moins d’un an après avoir fait passé les rênes du pouvoir en janvier 2017. Le président Jammeh est accusé d’avoir commis de nombreuses représailles le long de son mandat, notamment d’avoir emprisonné, torturé et tué des opposants au régime.  Suite à la déclaration de l’ex-président sortant, le porte parole de l’opposition Isatou Touray a dénoncé sur les médias sociaux une violation de la démocratie et en a appelé au peuple de « demeurer calme, lucide, vigilant ».

La résistance au régime a été plutôt disparate le long des 22 ans de règne de l’autoritaire Jammeh, avec des épisodes sporadiques de résistance comme une période de révolte étudiante en 2000 au cours de laquelle 14 personnes avaient été tuées par la police. Quelques mois avant les élections certains manifestants se rendaient à la Cour avec des balais en guise de protestation pour « balayer la corruption », se débarrasser de la souillure du régime. La non-reconnaissance du résultat par Jammeh a été vécue par de nombreux gambiens comme la goutte d’eau de trop qui mettait en péril le sursaut démocratique tant attendu d’une population qui avait réussi à briser le cercle de la peur en votant pour Barrow. Ainsi l’opération Diya Kuya (que vous le vouliez ou pas) a été lancée sur les réseaux sociaux pour mobiliser la population et proposer une source alternative d’information lors de la période transitionnelle incertaine. Le hashtag #GambiaHasDecided a fait son apparition, des t-shirts portant cette mention ont été utilisés. « Nous devons continuer à organiser et à faire des actions », a déclaré Muhammed, l’un des organisateurs du mouvement. « Les pétitions, les actions de photos des médias sociaux, les protestations, les dialogues – nous ne devons pas ralentir nos efforts. » De nombreuses initiatives ont parcouru le pays, notamment des professeurs des Universités qui ont boycotté les cours suite aux allégations de Jammeh sur les élections supposément frauduleuses. Aussi certains ministres ont soumis des lettres de démission au gouvernement de Jammeh.

De nombreux observateurs craignaient un débordement de violences, près de 45 000 personnes se sont alors rendues au Sénégal depuis décembre selon l’ONU. L’ECOWAS (la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) avait promis une aide militaire dans l’éventualité où Jammeh souhaiterait troubler l’inauguration de son successeur. Des troupes furent déployées dans le petit pays pour l’inauguration afin d’assurer un bon déroulement de la succession. Après un départ du pays pour assurer sa protection le président entrant est retourné en Gambie sous les applaudissements de la foule pour débuter son mandat en janvier 2017. Le président évincé se trouve en Guinée Equatoriale selon les dernières nouvelles à ce sujet. La transition politique risque d’être difficile dans un pays où les institutions sont fragiles et peu fonctionnelles. Les porte paroles des droits de l’homme se félicitent de la transition et proclament l’avènement d’une démocratie tant espérée.

Informations reprises et traduites d’un article de Waging Non Violence et d’un article sur le Guardian.

Twitter/@antoniolarotta


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Un village roumain remporte une victoire contre un projet minier

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La semaine dernière la région montagneuse de Rosia Montana, située au Nord Ouest de la Roumanie a célébré la décision tant attendue du gouvernement roumain d’envoyer la candidature de la zone pour son admission en tant que Site Patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO. Si cette candidature aboutie, elle protégerait la commune des sévères conséquences écologiques et sociales d’un projet minier que souhaite lancer la compagnie Gabriel Resources. Le projet est censé détruire de nombreuses montagnes et raser de nombreux villages pour voir le jour. Selon les experts le projet qui a prévu d’utiliser des centaines de tonnes de cyanide pour son bon fonctionnement poserait des risques de pollution élevés.

La compagnie canadienne est arrivée sur le territoire il y a 15 ans avec pour objectif de construire la plus grande mine d’or d’Europe autour de ce village, dans les montagnes Apuseni. À ce jour, la compagnie n’a pas reçu l’autorisation entière de commencer la construction, malgré de nombreux va et vient légaux et le soutien du gouvernement roumain au projet pendant de longues années. Ce volontarisme politique se heurtait toutefois à une campagne de résistance massive et bien organisée menée par les habitants de la région, des activistes environnementaux, de nombreuses ONG (Alburnus Maior, Save Rosia Montana…) des architectes, avocats, et citoyens concernés. Pour se faire entendre les partisans de la cause ont eu recours à de nombreuses actions : allant au plaidoyer, aux actions légales, aux manifestations, à des campagnes de pétitions. Le mouvement a pris une telle ampleur qu’il a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues, en particulier en 2013, des chiffres inédits depuis la Révolution Roumaine de 1989. Les activistes proposent un futur alternatif pour la région, basé sur le tourisme culturel et l’agriculture biologique. En 2015 Gabriel Resources a déposé une plainte auprès de tribunaux internationaux réclamant jusque 4 milliards de dollars de compensation pour les pertes subies par la non-réalisation du projet.

Rosia Montana est l’une des localités minières les plus anciennement exploitées en Romanie. Le site contient de nombreuses mines pré-romaines et romaines, uniques au monde, et de nombreux édifices historiques. Les techniques d’extraction traditionnelles, reposant sur de petites initiatives généralement familiales, ont connu leur fin avec la nationalisation du secteur en 1948, débouchant sur une nouvelle forme d’extraction industrielle à grande échelle.

Informations tirées d’un article de Waging Non Violence et du Guardian


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Manifestations contre le « Muslim ban » de Trump

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Des manifestants dans le monde sont descendus dans la rue pour protester les mesures d’exclusion prises par le président américain qui interdisent l’entrée sur le territoire de ressortissants de sept pays à majorité musulmane (l’Irak, la Syrie, la Somalie, le Yémen, le Soudan, la Libye et l’Iran). Les manifestants allant de Washington à Londres à Paris à Berlin étaient dans les rues de Paris à scander des messages qui en appelaient au rejet du décret jugé dangereux, immoral et inconstitutionnel. Depuis que ce décret très controversé a été annoncé, des milliers de citoyens du monde concernés ont défilé dans les rues du monde entier dénonçant les mesures à caractère discriminatoire. Pour rappel le décret interdit l’entrée sur le territoire des ressortissants de ces sept Etats pour une durée de 90 jours et suspend l’accueil de tout nouveau réfugié (sauf exception au cas par cas) pour une période de 120 jours. Le décret abaisse le chiffre d’accueil prévu de 110 000 réfugiés en 2017 à 50 000. Le décret censé protéger les Etats Unis de terroristes islamistes ne s’applique à aucun pays dont la terre natale était celle des terroristes du 11 septembre 2001. La mesure a semé la confusion dans les aéroports du monde, a confus des titulaires de double-nationalité et empêché l’accueil de nombreuses personnes en danger fuyant des persécutions dans leurs pays respectifs.

 


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« March on Washington »

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Le 21 Janvier 2017, un jour après l’investiture du Président Trump, des centaines de milliers de femmes ont manifesté dans les rues de Washington, pour une « March on Washington » historique. La marche retrace les pas de la célèbre March on Washington for Jobs and Freedom de 1963, où 250 000 personnes avaient manifesté contre les injustices politiques et sociales auxquelles les afro-américains faisaient encore face. La manifestation d’ampleur avait débouché sur le célèbre discours de Martin Luther King Jr.  Si la marche récente voulait adresser un message à la nouvelle administration américaine en signalant l’attachement des manifestants pour les droits des femmes contre un président explicitement misogyne et sexiste, il s’agissait aussi de dénoncer au sens large l’investiture de Donald Trump et protéger « nos droits, notre sécurité, notre santé et nos familles, reconnaitre que nos communautés actives et diverses sont la force de notre pays » selon les organisatrices de la marche. Certaines estimations considèrent qu’il y a eu 500 000 manifestants à Washington pour atteindre 5 million de participants dans le monde ; des manifestations s’étant tenues à Paris, Sydney, Berlin, Londres, Nairobi, Cape Town… Suite à la Marche une campagne « 10 actions pour les premiers 100 jours » a été lancée pour maintenir l’élan du mouvement. Notons que le parcours emprunté par les manifestants à Paris retrace les lignes du Parcours de Paix, parcours qui retrace 15 étapes historiques dans la consolidation de la paix en France.


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